Conférence Autisme et sexualité

Evénements

Accompagner les personnes autistes et/ou ayant une déficience intellectuelle dans leur sexualité : un chemin hasardeux, mais combien précieux.

 


Quand ?

🗓️ Le 27 avril 2026 de 14:00 à 16:00
👉 A la Faculté des Lettres et Sciences humaines, 39 rue Camille Guérin à Limoges.

Description :

👩‍🏫 Mme Suzie MATTEAU est sexologue, détient un baccalauréat et une maîtrise en sexologie de l’Université du Québec à Montréal.

Depuis 2008, elle s’est spécialisée dans l’intervention sexologique auprès des personnes autistes et/ou ayant une déficience intellectuelle.

Elle a développé une expertise précieuse en régulation, auto-détermination, agression sexuelle et identité de genre.

 

Inscription :

🎫 Cette conférence est gratuite mais le nombre de places est limité.
Inscription obligatoire sur : https://my.weezevent.com/conference-autisme-et-sexualite

 

Contenu :

Offrir une éducation à la sexualité peut s’avérer un chemin hasardeux pour soi, mais combien précieux pour les personnes accompagnées.

Lors de cette conférence, des pièges mais surtout des repères seront présentés afin de mieux comprendre et respecter votre rôle en éducation à la sexualité auprès des personnes autistes et/ou ayant une déficience intellectuelle.

Leurs défis et leurs besoins en lien avec la sexualité seront aussi abordés.


Présentation des interventions de Stéphane Beaulne et Bertrand Monthubert à la conférence du 1er avril

Evénements

Dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Autisme 2026, le CRA Limousin et les acteurs de l’autisme en territoire organisent une conférence le mercredi 1er avril à la Faculté de Droit de Limoges.
Cette conférence sera consacrée au sujet de l’autisme et des apprentissages : du secondaire à l’université. [Voir le programme complet de la conférence]. 

Parmi les intervenants, nous accueillerons Stéphane BEAULNE, chercheur clinicien et professeur de psychologie à l’université de Hearst (Ontario, Canada), qui présentera le concept de l’autorégulation à travers une intervention intitulée :
“Planifier l’autorégulation à rebours : des exigences universitaires aux apprentissages autorégulés au collège et au lycée.”

Bertrand MONTHUBERT, ancien président de l’université Toulouse III-Paul-Sabatier et professeur des universités, sera aussi présent pour nous parler du programme « Atypie-Friendly » en tant que coordinateur national, à travers une intervention sur ;
“Les enjeux de la transition vers l’enseignement supérieur des personnes autistes”.

En amont de cette conférence, tous deux ont accepté de nous accorder une interview pour présenter leurs travaux et évoquer une authentique forme d’inclusion des élèves autistes dans l’ensemble des établissements scolaires.


© photo : Université de Hearst

L’autorégulation est un concept universel qui n’a pas de frontière.

Une approche méthodique

Lors de ma venue à Limoges, j’aborderai les éléments clés de l’autorégulation.
Je partirai des besoins des étudiants autistes pour, à rebours, interroger les compétences à développer, notamment celles au collège et au lycée.
Cette méthodologie permet de s’interroger sur l’évolution réelle des élèves vers le monde universitaire et sur les limites éventuelles du modèle actuel.

A travers ma pratique et mes travaux, je montrerai ce qui est mis en place dans les universités : les obligations des enseignants, l’état de la recherche sur les besoins identifiés par les personnes autistes elles-mêmes…
Je m’attacherai ensuite à relier tous ces éléments avec ce qui peut être réalisé en amont dans l’enseignement secondaire.

 

L’acquisition de savoirs au service de l’autonomie

La littérature mondiale nous dit que les principaux besoins des étudiants autistes ne relèvent pas tant du “savoir”, c’est à dire des connaissances théoriques permettant d’intégrer les programmes, que du “savoir faire” et du “savoir être”.

Dans un contexte universitaire, le “savoir faire” exige d’un étudiant qu’il mobilise l’ensemble de ses compétences exécutives pour répondre aux nombreuses exigences : respect des échéanciers, gestion du temps, planification de travail… Autant d’éléments qui relèvent de l’apprentissage expérientiel.

Quand au “savoir être”, il implique l’adoption de postures favorisant le développement de ses capacités et sa réussite. Pour renforcer ses compétences, les étudiants doivent être orientés vers les bonnes personnes et les bonnes ressources afin de gagner en autonomie.

A travers l’autorégulation, la responsabilité des enseignants est d’apporter une aide dans la gestion de l’ensemble de ces savoirs.

Cet accompagnement doit s’intégrer aux plans de cours, partagés, évalués et validés par le rectorat. Nous proposons des modèles structurants, comme des volets expérientiels, et nous nous appuyons sur l’enseignement explicite.

L’Université exige une autonomie bien plus marquée qu’au collège et au lycée, où les adultes sont plus présents pour réguler les élèves. Il en résulte une rupture plus ou moins prononcée, selon les attentes et les moyens réellement mobilisables.

L’objectif ultime de l’autorégulation, telle que nous la mettons en œuvre, est de permettre à chaque individu d’atteindre l’autonomie.

 

Un outillage basé sur une analyse graduée

L’autorégulation est un concept qui s’appuie sur un continuum jalonné de différentes phases d’apprentissage, dans desquelles l’enfant évolue dès sa naissance avec sa famille. Les parents et les proches sont donc les premiers acteurs de l’autorégulation.

L’une des premières phases, l’autocontrôle, correspond à la capacité que chacun a à inhiber ses comportements. Cette ressource, limitée, est particulièrement coûteuses pour les personnes autistes. Elle soulève des questions cruciales d’adaptation, selon l’environnement ou la tâche demandée. Pour d’autres troubles, comme le TDAH, l’impulsivité peut dominer, surtout en cas d’anxiété ou de fatigue cognitive, poussant l’élève à s’engager dans une tâche sans écouter les consignes. Les besoins en matière d’autocontrôle diffèrent donc selon les profils.

Une autre phase clé, l’engagement cognitif, conditionne la réussite. Si ce n’est pas travaillé, cela engendre des problèmes comportementaux et des réactions inappropriées, comme des situations d’évitements.
Il est essentiel d’évaluer la capacité de l’enfant à s’autoévaluer sur le plan cognitif. L’autorégulation ne se limite pas à la gestion des émotions : leurs expressions reflètent simplement l’état de l’individu face à une situation.

Notre approche consiste à identifier les situations émotionnelles disproportionnées pour exposer graduellement l’enfant à ces situations en l’outillant et en lui fournissant des stratégies. L’objectif est de l’aider à les mobiliser plutôt que de recourir à des comportements d’évitement (fuite, automutilation…).

Vient ensuite la phase de l’autodiscipline, essentielle dans un milieu aussi structuré que l’école. Elle intègre les engagements émotionnels, cognitifs et comportementaux, qui doivent être travaillés simultanément. Sans cette approche globale, l’enfant risque de manquer d’outils fondamentaux. À ce stade, l’engagement émotionnel devient un marqueur de réussite : la volonté de se rendre à l’école, perçue positivement, favorise l’autonomie.
Chaque étape nécessite une évaluation rigoureuse.
Dans l’autorégulation, les personnes doivent être parfaitement formées à l’autisme et à l’enseignement explicite. Si ce n’est pas le cas, nous faisons fausse route et nous n’atteindrons pas notre but.

Le risque est de voir les enfants accomplir des tâches uniquement pour avoir une gratification immédiate (faire plaisir à l’adulte, éviter une punition). Si certains éléments de l’autorégulation ne sont pas abordés, les enfants ne vont alors plus rien produire.

Un concept universel

L’Ontario est la seule province du Canada à avoir intégré l’autorégulation comme une obligation dans les évaluations de tous les élèves, de la maternelle jusqu’au lycée.
Ce concept figure dans les bulletins scolaires et est inscrit dans les programmes du Ministère de l’Education.
Pour ma part, j’enseigne un cours sur ce sujet à l’Université, ouvert à tous les étudiants quel que soit leur programme. Cela permet de toucher aussi bien ceux qui n’ont pas de diagnostic, que ceux qui bénéficient d’aménagements spécifiques. Un continuum est ainsi assuré tout au long de la scolarité.
Ici, tous les acteurs éducatifs (élèves, enseignants, personnels administratifs) connaissent et appliquent ce concept. Notre modèle diffère de celui de la France, notamment par l’absence de séparation entre le scolaire et le médico-social. Il n’y a donc pas l’équivalent avec les DAR comme ceux présents dans votre pays.

Malgré ces différences, l’autorégulation n’a pas de frontière: elle est universelle.
Ce qui varie, c’est la manière dont elle se développe et s’enseigne. Le message que je souhaite passer lors de la conférence est simple : le concept reste le même, même si les cultures différent.

Les questions fondamentales restent les mêmes : travaille-t-on vraiment l’autorégulation, ou ne favorise-t-on pas la régulation intentionnée qui, finalement, rend l’enfant plus dépendant de l’adulte ?

Pour atteindre nos objectifs, nous accordons une attention particulière à la formation, à l’évaluation et à la recherche. Il est crucial que l’autorégulation soit correctement définie et bien utilisée sur la plan théorique et pratique.
Elle ne se réduit pas à de l’autocontrôle et ne privilégie pas une forme de savoir par rapport aux autres.
La qualité de la formation est déterminante. Elle doit faire l’objet d’une évaluation rigoureuse pour garantir l’homogénéité et la pertinence des contenus proposés.

 

L’exigence et le long chemin vers l’inclusion

Pour favoriser une inclusion réelle, nous accordons une attention particulière à toutes les transitions scolaires, dans ou en dehors des classes. En Ontario, chaque école dispose de conseillères en santé mentale.

L’enseignement explicite joue un rôle central et circulaire dans l’accompagnement de ces transitions.
Concrètement, un enseignant du primaire peut, par exemple, introduire des notions de mathématiques à la fin d’un cours de français. En atténuant la rupture entre les matières, il réduit les risques de désengagement de l’élève et favorise son élan comportemental.
Cette phase transitoire est appelée “activité-pont”.

A l’Université, l’ensemble des services se mobilisent également pour soutenir les étudiants dans les transitions. Je pense notamment à tous les aspects de la vie étudiante : ateliers pour la prise de notes, accompagnement personnalisé, tutorat… Sans ce soutien, les étudiants peuvent facilement se perdre dans le repérage des services sur le campus.

Ces dispositifs s’adressent à tous. Ils fluidifient les parcours et luttent contre la stigmatisation des étudiants autistes en améliorant leur façon d’être et en allégeant leur charge cognitive.

En matière d’insertion, le Canada ne dispose pas de données précises. On sait cependant que beaucoup d’autistes, faute d’autonomie suffisante, développent des troubles associés (anxiété sévère, dépression…). Si les compétences d’autorégulation ne sont pas maîtrisées, les comorbidités risquent de s’aggraver à l’âge adulte.

Imposer des quotas ou forcer l’inclusion sans préparation peut s’avérer dangereux et contre-productif. Des statistiques fiables ne pourront émerger que lorsque la société reconnaîtra pleinement ce que cette population peut réellement apporter.

Aujourd’hui, le concept d’inclusion reste souvent confondu, ou détourné, avec celui d’intégration pour vendre une idée. Pour l’autisme, la vraie inclusion signifie permettre à la personne de prendre ses propres décisions, de faire ses choix et de répondre à des attentes élevées. Il ne faut pas hésiter à hausser le niveau d’exigence vis-à-vis de cette population pour lutter contre la stigmatisation. Baisser les attentes ou imposer un encadrement étouffant, c’est renoncer à l’inclusion authentique que nous recherchons.

© photo Wikipédia

Avec le programme “Atypie-Frendly”, notre but est d’agir, au sens large, sur l’environnement des étudiants. 

Je ferai une présentation autour de la transition, pour les élèves, entre l’enseignement secondaire et les études supérieures. J’évoquerai notamment les questions d’orientation en m’appuyant sur quelques parcours étudiants : quelles ont été les problématiques rencontrées ? Quelles sont les réussites? Et qu’est ce qui a favorisé ces réussites?
Je présenterai ainsi le programme “Atypie Frendly” et des initiatives en cours, comme par exemple, l’intégration de l’autorégulation dans l’enseignement supérieur.

A travers ce programme, une multitude de ressources sont directement accessibles en ligne.
Il propose également des événements et des webinaires pour accompagner au mieux les étudiants tout au long de leur parcours.

Le site “Atypie-Frendly” s’adresse à un très large public : personnes concernées, aidants, professionnels…
Différentes équipes travaillent autour de thématiques en lien avec l’ensemble de la vie étudiante : accompagnement social, stages à l’étranger, recherche, transition vers l’Université, insertion professionnelle, vie quotidienne…
Notre approche est très partenariale : elle mobilise un maximum d’acteurs dans le champ de l’autisme, comme les Centres Ressources Autisme ou d’autres structures médico-sociales, ainsi que des acteurs comme ceux , par exemple, de l’orientation.

Nous lançons aussi des appels à projets pour favoriser la mise en place d’actions innovantes dans les universités partenaires.
Ces projets ont déjà permis la création d’espaces sensoriels ou de programmes liés à l’alimentation des étudiants autistes.
Les personnels du CROUS ont été sensibilisés et des cartes “coupe-file” ont été éditées pour faciliter l’accès des personnes concernées aux restaurants universitaires

Actuellement, 37 Universités sont signataires de la charte pour mettre en application le programme “Atypie-Frendly”. Chacune avance à son rythme, selon ses spécificités. Parmi elles, Toulouse et Montpellier sont déjà labélisées.  Concernant Limoges, nous avons pu échanger avec les responsables de l’Université et attendons leur décision pour la signature de la charte d’engagement.

Notre réflexion ne doit pas se limiter au cas individuel : elle doit mobiliser, de manière plus globale, les enseignements mais aussi l”ensemble des services de l’Université, les partenaires… Notre but est donc d’agir, au sens large, sur l’environnement des étudiants. 


Programme des événements en lien avec la journée mondiale de l'autisme

Evénements

Retrouvez les événements, en lien avec la Journée Mondiale de l’Autisme 2026, organisés sur notre territoire par le CRA Limousin et ses partenaires.

Les appels à projets

Proposés à destination de l’ensemble des collégiens, lycéens et étudiants du territoire Limousin en partenariat avec l’Académie de Limoges.
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Les forums et tables rondes

En Haute-Vienne le samedi 28 mars
En Creuse le mardi 31 mars
en Corrèze le jeudi 2 avril
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La participation aux “Foulées du Populaire”

Rejoignez l’équipe les TS’ATHLETES, le dimanche 29 mars !
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Conférences

Le Mercredi 1er avril 2026 de 13h30 à 17h00 à la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Limoges.
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Soirée Caritative

Le jeudi 2 avril Salle du ROK, 16 avenue du président Vincent Auriol, 87350 Panazol. A partir de 19h00.
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Actions complémentaires

Recensement non-exhaustif des événements proposés sur notre territoire.
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Autisme : les nouvelles recommandations pour le nourrisson, l’enfant et l’adolescent

Evénements

Communiqué de presse

Disponible sur :
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3859897/fr/autisme-les-nouvelles-recommandations-pour-le-nourrisson-l-enfant-et-l-adolescent

 

Extrait :

Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) se manifeste le plus souvent dès l’enfance et perdure tout au long de la vie. Identifier le plus tôt possible les signes d’un TSA, y compris chez le nourrisson, permet de mettre en place des interventions précoces, adaptées et régulières. La Haute Autorité de santé (HAS) publie aujourd’hui de nouvelles recommandations pour aider les professionnels dans leurs pratiques, qu’ils soient issus du secteur sanitaire, social, médico-social ou encore de l’éducation. L’enjeu est d’assurer à chaque enfant un parcours de vie cohérent et inclusif en favorisant son autodétermination.

 

Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) fait partie des troubles du neurodéveloppement et se manifeste le plus souvent dès la petite enfance, de façon hétérogène. Il se caractérise par des difficultés dans la communication et les interactions sociales associées à des intérêts et comportements répétitifs ou restreints. Entre 1 à 2 % de la population serait concernée par un TSA, avec une grande variabilité selon les études et les pays.

Les recommandations publiées en 2012 par la HAS ont constitué une première étape essentielle dans la structuration de l’accompagnement des enfants et adolescents autistes, en posant les principes des interventions éducatives et thérapeutiques. Depuis, la classification médicale de référence a évolué, remplaçant le terme « troubles envahissants du développement » (TED) par « trouble du spectre de l’autisme » (TSA), la compréhension du TSA et des troubles associés s’est affinée et des politiques publiques nationales ont été mises en œuvre sous la forme de plans et stratégies pour l’autisme. La HAS, quant à elle, reste mobilisée à travers la publication de nombreux travaux sur le sujet.

Pour prendre en compte les avancées scientifiques et l’évolution des pratiques professionnelles, la HAS a élaboré de nouvelles recommandations concernant le nourrisson, l’enfant et l’adolescent et fait le point notamment sur les interventions recommandées et celles qui ne peuvent l’être. L’objectif est d’améliorer et d’harmoniser les modes d’accompagnement et les pratiques de soins et d’interventions proposés aux enfants autistes afin de favoriser leur développement et leurs apprentissages et ainsi leur garantir un parcours de vie de qualité, dans une société plus inclusive.

 

Message clés

Une fiche complète la Recommandation relative au TSA : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent.
Elle reprend et adresse 25 messages clés.
Cette fiche peut-être consultée sur : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-02/reco463_fiche_messages_tsa_mel.pdf

 

Webinaire


La Haute Autorité de santé a également le plaisir de vous inviter au rendez-vous des bonnes pratiques :

« TSA enfant & adolescent – Comment co-construire un accompagnement de qualité ? »

Le mardi 31 mars 2026, de 19h30 à 21H00.

Inscription et renseignements sur : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3859884/fr/tsa-enfant-adolescent-comment-co-construire-un-accompagnement-de-qualite

Ce webinaire dédié aux professionnels du sanitaire, social et médico-social, vous permettra d’échanger et de poser toutes vos questions aux experts.


Soirée ciné débat autour du film "Différente"

Evénements

Date et lieu :

Nous vous invitons le vendredi 07 novembre 2025 à 18h30 au Cinéma le LIDO de Limoges à la projection du film Différente, réalisé par Lola Doillon, avec Jehnny Beth et Thibaut Evrard dans les rôles principaux.

Cet événement sera suivi de témoignages et d’un échange avec les membres du CRA Limousin et de l’association pour l’Autisme Asperger Limousin, autour des thématiques abordées dans le film.

La réalisatrice Lola Doillon participera à l’évènement en visio conférence.

 

Préinscription :

https://achat.grandecran.fr/lido/reserver/F597512/D1762536600/VF/2237602/

 

Synopsis :

Une fiction au plus près du réel.
Le film raconte l’histoire de Katia, une documentariste brillante de 35 ans, dont les relations humaines sont marquées par une forte singularité. Lorsqu’elle participe à un nouveau reportage, elle parvient enfin à mettre un mot sur sa différence. Cette prise de conscience bouleverse une existence déjà traversée de chaos émotionnels, et met en lumière la difficulté d’exister dans un monde normé lorsque l’on fonctionne autrement.
Ce film porte un regard sur l’autisme au féminin et les conséquences des particularités autistiques dans la vie professionnelle et quotidienne.

 

L’association pour l’Autisme Asperger Limousin qui est composée de familles, de bénévoles et adultes concernés par des troubles du spectre de l’autisme, animera avec le CRA un échange après la projection.
Ce temps de parole permettra de croiser les regards entre fiction et vécu, et de valoriser les voix souvent invisibles des personnes neuro-atypiques.

 

Infos pratiques :

Tarif unique 6 euros, plan d’accès, parking à proximité

 


© photo Chloé Vollmer-Lo & Julie Dachez

Interview de Julie Dachez

Evénements

© 2025 CRA LIMOUSIN. | Tous droits réservés.

© photo Chloé Vollmer-Lo & Julie Dachez | Tous droits réservés.

© photo Chloé Vollmer-Lo & Julie Dachez

Le programme pour la journée mondiale de l’autisme sera marqué cette année par l’intervention de Julie Dachez lors du colloque du 2 avril à la Faculté de Lettres et Sciences Humaines de Limoges, Amphithéâtre Vareille.

Pour participer à cet événement gratuit, il est indispensable de s’inscrire  :
https://my.weezevent.com/conference-journee-mondiale-de-lautisme

Julie Dachez, Docteure en psychologie sociale, conférencière et militante française pour les droits des personnes TSA, s’adressera aux personnes autistes (ados, jeunes adultes, adultes) et à leur entourage. L’intitulé de son intervention “Apprendre à se Comprendre” explore des thématiques essentielles à l’épanouissement et à l’inclusion de tous.

Pour mieux cerner son sujet, le CRA Limousin a recueilli sa parole. Nous la remercions très chaleureusement pour sa disponibilité et pour le temps qu’elle a bien voulu nous accorder.

Bonjour Julie, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a motivé à conduire vos travaux et vos recherches ?

Après avoir travaillé un peu dans le domaine privé, sans que cela soit très épanouissant, j’ai fait une reprise d’études en psychologie. Parallèlement à cette reprise, le diagnostic d’autisme m’est tombé dessus (sic). J’avais 27 ans.

Recevoir ce diagnostic tardif a été comme un tremblement de terre dans ma vie. J’ai compris que mon comportement était en fait complètement normal, vu que j’étais autiste. Je n’étais pas une non autiste défaillante, j’étais juste différente.

Cette reprise d’études et ce diagnostic m’ont donné envie de faire une thèse. Je me suis intéressée au volet de la recherche en lien avec l’autisme.
Mon idée alors n’était pas d’étudier le TSA d’un point de vue clinique, c’est à dire d’en étudier les symptômes ou les méthodes d’accompagnement. Je me suis plus concentrée sur le point de vue de la psychologie sociale.

Je trouvais cela plus intéressant, car à l’époque ce qui me posait le plus de problèmes dans ma vie ce n’était pas tant le fait d’être autiste, mais plus d’être confrontée à l’incompréhension des personnes, de sentir de nombreux préjugés y compris après mon diagnostic.

Devant le peu de recherche qu’il y avait en psychologie sociale, je me suis dit qu’il y avait tout à faire et que le sujet méritait d’être creusé, contrairement à ce que l’on me disait. De voir l’autisme à travers un prisme social, c’était relativement nouveau lorsque j’ai débuté mon travail de thèse en 2013.

 

Il s’agit finalement d’une période assez courte, qui questionne le peu de travaux réalisés sur l’autisme à travers des disciplines plus sociales ?

Oui, mais pourquoi ? Parce que depuis le début, les recherches ont été menées par des personnes qui n’étaient pas autistes. Ces chercheurs ont donc eu leurs propres biais, et ont envisagé l’autisme en privilégiant une approche psychiatrique et une vision déficitaire. Ce que l’on sait donc aujourd’hui au sujet de l’autisme (ou ce que l’on pense savoir) s’est construit via ce prisme, qui n’est pas anodin, et que malheureusement peu de personnes ont questionné. Plus récemment, des chercheurs.euses autistes proposent une autre façon d’étudier l’autisme. Leurs travaux sont extrêmement précieux mais malheureusement peu connus.
Lorsque j’ai débuté mes travaux, il y a environ 10 ans, je ne me suis pas cachée d’être une femme autiste, ce qui n’a pas été sans conséquences. Certains membres de mon jury de thèse par exemple ont  remis en question mon manque d’objectivité, puisque j’étais une personne concernée. Mais tout le monde a des biais. Ce que je veux dire, c’est que personne ne peut avoir de position complétement neutre. Tous les chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales font partie de la société qu’ils étudient, et sont donc inévitablement influencés par les biais et les enjeux de pouvoir qui la traversent. Il est nécessaire d’en avoir conscience afin de viser une objectivation des recherches. Et cela ne s’applique pas uniquement aux chercheurs et chercheuses autistes, mais à tous et toutes.

Mais c’est quelque chose qui demeure compliqué à faire entendre.

J’ai ensuite travaillé à l’INSEI : Institut national supérieur formation et recherche – handicap et enseignements adaptés (ex INSHEA) en tant qu’enseignante-chercheuse.

Actuellement, je suis en disponibilité pour me consacrer aux conférences, à des travaux d’écriture et de vulgarisation scientifique.

 

C’est donc dans ce cadre que nous aurons le plaisir de vous accueillir le 2 avril. Pouvez-vous nous expliquer ce choix actuel de privilégier ce type de travaux et d’interventions auprès d’un public plus large ?

Même si j’ai bénéficié de certains aménagements au sein de l’INSEI, j’ai trouvé très dur de faire un travail de qualité, notamment au niveau de la recherche.
En tant qu’enseignante chercheuse, je devais mener de très nombreuses démarches en lien avec ces deux activités. L’ensemble était titanesque.
J’ai donc fini complétement burnoutée. Ce qui m’a amené à faire un pas de côté.

Mon choix s’explique aussi par le fait que je pense être plus douée dans la communication scientifique, que dans la production de la recherche. Je crois que c’est ce qui me plait le plus. Cette idée de transmettre a plus de sens pour moi.

 

En quoi votre approche basée en partie sur les mécanismes sociaux éclaire-t-elle la question de l’autisme ?

Après ma thèse, je me suis ouverte à une approche interdisciplinaire, qui permet d’étudier un sujet en mobilisant plusieurs disciplines. Cela permet d’éviter une réduction du sujet à une seule grille de lecture. Par exemple, la psychologie clinique peut parfois se focaliser sur le “dysfonctionnement” et la pathologie, tandis que la sociologie met l’accent sur les structures sociales et les rapports de pouvoir. En combinant plusieurs approches, on obtient une analyse plus équilibrée.
Ces recherches viennent aussi déconstruire cette vision déficitaire de l’autisme.

Les travaux des chercheurs.euses autistes permettent de prendre conscience de l’impact que le validisme a eu sur la production de savoir sur l’autisme, et offrent un pas de côté. Leur porte d’entrée à eux n’est pas celle du déficit. Ils adoptent un point de vue plus macro pour aller interroger la façon dont la société, les injustices et discriminations impactent les personnes autistes (leur santé mentale, entre autres) et la façon dont elles sont perçues.

Je trouve que ce point de vue est extrêmement intéressant et que finalement il n’est pas beaucoup relayé et entendu.

 

Vous avez à cœur de redonner la parole aux personnes TSA. Quels sont vos attendus à travers cette démarche ?

Pour ma dernière recherche, notre équipe composée de différents chercheurs (en sociologie, sciences de l’éducation…) a interviewé des personnes autistes pour analyser leurs expériences dans l’emploi accompagné en France. Nous avons mis en place une méthodologie dite participative. C’est à dire que nous avons fait participer des personnes concernées d’A à Z, de l’élaboration du projet de recherche, jusqu’à la publication de l’article scientifique. Par exemple, la grille d’entretien qui a été réalisée a été construite avec des personnes autistes, et certains entretiens tout comme la recherche documentaire ont été réalisés par une assistante de recherche autiste, Sylvie Seksek, que j’ai fait monter en compétence sur certains aspects du projet.

C’est très important pour moi de travailler avec des personnes autistes et de les rémunérer pour leurs savoirs. Cette reconnaissance de leurs expertises devrait être la base. Rien ne devrait se faire sur nous sans nous.
Les recherches sont d’autant plus riches lorsqu’elles font réellement collaborer les personnes autistes. Malheureusement, c’est extrêmement rare. La plupart des recherches dites participatives demandent juste à une personne autiste son avis à un moment donné. C’est tout. Ce n’est pas ça la méthodologie participative.

Même si cette méthodologie est difficile à mettre en œuvre j’y suis extrêmement attachée. J’y accorde plus d’importance que la discipline elle-même pour mener mes recherches.
Je pense que c’est probablement mon dernier article scientifique car je ne compte pas mener de nouvelle recherche de si tôt, et je suis contente de finir là-dessus.

 

Cette volonté d’associer les personnes autistes dans vos travaux, d’être au plus près de leurs vécus et de restituer leurs paroles, c’est une conviction qui semble profondément ancrée chez vous ?

Oui c’est clair et puis je crois que c’est presque un acte militant.
Dans mon livre “Dans ta bulle “, j’avais repris une citation de Pierre Bourdieu qui disait, je crois, :
Les dominés ne parlent, pas ils sont parlés“.
Même si les choses évoluent ce sont très souvent des psychiatres ou des chercheurs qui viennent parler de ce qu’est l’autisme.

Pourtant, ce sont les gens qui le vivent au quotidien qui connaissent le mieux le sujet. Je trouve absurde de produire de la recherche sur des personnes autistes sans réellement les impliquer, de les réduire à des objets de recherche alors qu’elles devraient être sujets et co-créatrices des projets.

Le second point dans mes démarches concerne la recherche dite qualitative. Ce qui me plaît avec cette méthode, c’est que l’on va aller interroger les personnes et construire du savoir à partir de leurs propos. La difficulté, c’est qu’en psychologie aujourd’hui, on valorise énormément les recherches quantitatives (statistiques…).
Je crois que la psychologie a un complexe d’infériorité par rapport aux sciences dites dures, et que le quantitatif est très valorisé car témoigne (soi-disant) du sérieux des recherches. Cela se fait parfois au détriment du qualitatif, qui est moins considéré. C’est dommage, car cette approche permet d’obtenir des données riches et nuancées fondées sur l’expérience des principaux intéressés.
C’est aussi ce que je me suis attachée à mettre en avant dans mon dernier ouvrage “L’autisme autrement“ dans lequel je cite de nombreuses recherches qualitatives.
Les paroles des personnes autistes sont au cœur du bouquin.

 

Pourtant cette méthode peut être limitée face à l’hétérogénéité des profils dans le TSA comme par exemple avec les personnes non oralisantes ?

Mes recherches sont en effet spécialisées dans l’autisme sans trouble du développement intellectuel et concernent des publics oralisants. Dans le cadre de ma dernière recherche, on avait eu l’intention initialement d’interviewer des personnes autistes avec un trouble du développement intellectuel et / ou non oralisantes, et on avait commencé à réfléchir à la façon d’adapter nos outils, mais il s’est avéré que les personnes autistes qui bénéficiaient de l’emploi accompagné n’avaient pas du tout ce profil-là (ce qui laisse d’ailleurs sous-entendre un filtrage par la MDPH qui n’orienterait que les autistes oralisants et sans déficience intellectuelle vers l’emploi accompagné).

 Néanmoins les recherches avec un axe anti-validiste parlent pour tous, y compris pour les non oralisants. Elles se rejoignent autour de sujets et de besoins communs : plus d’autonomie et d’inclusion, mieux lutter contre les préjugés et les discriminations, une meilleure adaptation des environnements, l’importance de la neurodiversité, une meilleure acceptation d’un fonctionnement qui s’écarte de la norme…

Je rejoins le modèle social du handicap selon lequel le handicap est situationnel, contextuel. Et ça, ça vaut pour tous et toutes.

 

Cette notion d’environnement et d’autres comme la santé mentale ou le camouflage seront développées lors de votre intervention le 2 avril. Quels liens faites-vous entre elles ?

Le camouflage, le fait de masquer, est souvent corrélé avec une santé mentale dégradée. Il faut donc s’interroger sur le pourquoi de ce camouflage. Selon certains chercheurs.euses, les personnes autistes camouflent en réponse au stigma social, pour se préserver de la violence qui pourrait s’abattre sur elles si elles stimmaient en public, par exemple. Or, le prix à payer est lourd pour les personnes autistes, puisque comme nous l’avons dit à l’instant, le camouflage est associé à une santé mentale dégradée.

Il y a par ailleurs des travaux très intéressants sur le lien entre stress de minorité et santé mentale des personnes autistes, que l’on doit à Monique Botha. Quand on appartient à une minorité, on subit des facteurs de stress spécifiques à cette minorité (insultes, violences physiques, etc.) qui peuvent contribuer à expliquer les disparités entre la santé mentale et physique de ces personnes, et les autres.

Mettre en place des environnements inclusifs et respectueux du mode de fonctionnement des personnes est indispensable pour qu’elles puissent avoir certains espaces qui leur permettent de ne pas camoufler, ou moins que d’habitude. Qui plus est, les aménagements permettent d’étudier et de travailler dans de bonnes conditions, c’est un facteur de protection vis-à-vis du burn-out autistique notamment.

 

Merci Julie pour vos réponses et nous vous donnons rendez-vous le 2 avril.


L’ensemble de ces réflexions seront traitées et approfondies lors de la venue de Julie Dachez.
Retrouvez le programme complet du colloque sur : https://www.cralimousin.com/journee-mondiale-de-lautisme-2025/#conference

 

Accédez également au dossier documentaire réalisé par le CRA Limousin qui recense une partie de ces publications.
Certaines ressources sont consultables directement sur le web. D’autres peuvent être empruntées gratuitement auprès du CRA Limousin.

Interview et dossier réalisés par Nicolas Roumiguières.
Documentaliste du CRA Limousin.


Programme de la journée mondiale de l'autisme 2025

Evénements

Retrouvez sur notre page dédiée toutes les informations en lien avec la journée mondiale de l’autisme qui aura lieu le 2 avril 2025.

 

Projets de classe

Pour en savoir plus sur les projets de classes et  les trois appels à projets à destination de l’ensemble des établissements scolaires du territoire Limousin, en partenariat avec l’Académie de Limoges, cliquez ici.

 

Forums

Pour connaître les lieux des différents forums du 2 avril au matin sur la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne, cliquez ici.

Ces forums, ouverts à tous, donnent de l’information, expliquent, déconstruisent les idées reçues et ouvrent des perspectives inclusives.

 

© photo Chloé Vollmer-Lo & Julie Dachez
© photo Chloé Vollmer-Lo & Julie Dachez
Conférence

CONFÉRENCE “AUTISME ET APPRENTISSAGES”
Faculté de Lettres et Sciences Humaines Amphithéâtre Vareille de 13h30 à 17h00
Entrée gratuite, sur inscription https://my.weezevent.com/conference-journee-mondiale-de-lautisme

Pour connaître le contenu de ce forum et les différents intervenants, cliquez ici.

 

Cinéma

« En tongs au pied de l’Himalaya »

Jeudi 3 avril 2025 cinéma Grand Ecran Ester à 20h00 séance à 7€
En présence de Marie-Odile Weiss co-scénariste. Toutes les informations sont accessibles en cliquant ici.

 

Les Foulées du Populaire

Venez défendre les couleurs de l’autisme en participant à cette course, sur Limoges, le dimanche 6 avril 2025  et intégrer l’équipe « Les TS’ATHLETES ».

Cliquez ici pour en savoir plus.

 

Manifestations complémentaires

Retrouvez les actions complémentaires menées par les partenaires du CRA Limousin dans le cadre de la journée mondiale (liste non exhaustive).
Toutes les initiatives recensées sont présentes en cliquant ici.


Temps de rencontres post-diagnostic 1er trimestre 2025

Evénements

Le CRA Limousin met en place à compter du 1er trimestre 2025 des temps de rencontre post-diagnostic :

 

  1. Vous venez de recevoir un diagnostic pour vous ou votre enfant, le Dr LEMONNIER, Directeur médical, propose des temps d’échanges :
  • Le samedi 11 janvier 2025
  • Le samedi 08 février 2025
  • Le samedi 8 mars 2025

Sans inscription, au CRA, de 10h00 à 12h00. Renseignements : 05 19 76 17 25.

2. Nos coordinatrices de parcours vous proposent un atelier :
«  Comment et pourquoi créer un emploi du temps ? »

  • Le 27 janvier 2025 de 9h30 à 11h30 (pour les parents d’enfants diagnostiqués entre 0 et 12 ans)
  • Le 18 février 2025 de 9h30 à 11h30 (pour les parents d’enfants diagnostiqués de 12 à 18 ans)
  • Le 25 mars 2025 de 9h30 à 11h30 ( pour les adultes diagnostiqués)

 

Sur inscription obligatoire, groupe de 8 personnes :  formation.cralimousin@chu-limoges.fr


Présentation de la future Maison de l'Autisme et des TND du Limousin

Evénements


Le mois de novembre 2024 a été marqué par le premier anniversaire de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027 : autisme, troubles dys, trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), trouble du développement intellectuel (TDI).

Pour apporter des réponses à ces grandes orientations sur son territoire, le CRA Limousin, qui dépend du CHU de Limoges depuis 2018, lancera en 2025 un chantier exceptionnel par son ampleur et son ambition.
Il s’agit en effet de construire la Maison de l’autisme et des TND du Limousin, laquelle sera installée dans un bâtiment sis rue Mirabeau à Limoges, au terme de 10 mois de travaux de restructuration.

Comment ce projet a -t-il pris forme ? Quelles en ont été les étapes ? Avec quels acteurs et pour quels publics ?
Des questions auxquelles vont répondre les organismes et personnes concernés.

Un appel à mécénat est ouvert pour la réalisation de ce projet unique en France : cliquez ici


M. Jean-Christophe ROUSSEAU

Directeur Général Adjoint du CHU de Limoges

Pouvez-vous nous expliquer l’historique et les motivations du CHU à investir dans le projet d’une Maison de l’autisme et des TND en Limousin ?

Depuis 2018, le CHU de Limoges s’est engagé à accompagner le CRA Limousin dans ses missions et sur son territoire d’intervention.
Rapidement le CHU a souhaité apporter des réponses satisfaisantes, en terme de moyens pour assurer ce portage, notamment en matière de locaux et d’environnement.
Avec nos partenaires, nous avons très tôt engagé une réflexion pour trouver une solution adaptée qui convienne à tout le monde, usagers et professionnels, et qui fédère l’écosystème, l’ensemble ou le plus grand nombre de partenaires locaux de la filière.

L’idée de regrouper un maximum d’acteurs en un même lieu a alors été retenue.
Cette réflexion s’est aussi faite avec en arrière-plan la création d’une maison de l’autisme nationale à Aubervilliers. Même si les projets ne sont pas les mêmes, le vocable « maison » pour son côté fédérateur et accueillant est resté.

Concernant le choix du bâtiment, un groupe d’acteurs partis prenants du projet s’est constitué dès 2019. Chacun a pu exprimer ses besoins, notamment en terme de surfaces, pour définir un cahier des charges. Le choix s’est alors porté sur un bâtiment situé 22 rue Mirabeau à Limoges.

© ASB Architecte
Parvis d’entrée © ASB Architecte

Ces locaux présentent de nombreux avantages : une présence centrale dans Limoges et une bonne desserte. La superficie offre également des possibilités de développement et d’aménagement. Nous allons par exemple agrandir le parking existant pour accueillir les usagers et les bénéficiaires de tous les services présents.

L’acquisition du bien s’est faite en 2022.
Les travaux vont débuter avec un peu de retard à cause de la sortie de la crise sanitaire, de la hausse des coûts de construction avec le changement de certaines normes relatives à la performance énergétique.
Nous avons donc été obligés de revoir notre plan de financement qui, aujourd’hui, s’élève à 3.5 millions d’euros.

Quels sont les financeurs ?

Il y a un apport conséquent du CHU en lien notamment avec des crédits alloués par l’Agence Régionale de Santé de la Nouvelle-Aquitaine.
Nous avons aussi sollicité d’autres organismes et associations pour compléter ce budget.

Notre principal donateur est la Fondation des Hôpitaux.

Nous avons aussi été aidés à ce jour par l’Europe et les collectivités locales : le Conseil Départemental de la Haute-Vienne et la Ville de Limoges.

Nous souhaitons élargir notre financement et l’ouvrons à d’autres partenaires qui veulent soutenir ce projet avec la création d’un appel à mécénat (disponible ici).

 

Quelles vont être les missions de cette Maison de l’autisme et des TND et quel rôle va-t-elle jouer sur notre territoire ?

La Maison de l’autisme et des TND proposera différentes activités à la faveur des nombreuses structures qui vont la composer.

Nous voulons créer une synergie pour les professionnels et les usagers en mutualisant l’ensemble des ressources qui seront regroupées dans ce même lieu.

La Maison de l’autisme en nationale n’est pas comparable. Nous n’avons pas de circulaire ou de cahiers des charges sur lequel nous appuyer. C’est ce qui en fait son originalité et en même temps sa force.
Nous allons à présent entamer une phase de concertation avec nos partenaires pour définir des règles de fonctionnement communes et les responsabilités de chacun, sur le modèle d’un règlement de copropriété.

La réalité de cette maison sera ce qu’en feront ses occupants et la manière dont ils feront vivre ce lieu, mais il y a tout lieu d’être vraiment enthousiaste à son propos.

 

Quelles attentions seront portées pour prendre en compte les spécificités et particularités du public accueilli ?
Maison de l’Autisme d’Aubervilliers © Photo : ASB Architectures; Luca Nicolao

Au cours de l’année 2024, le CHU a sélectionné le cabinet « ASB Architectures » pour être le maître d’œuvre du projet. Ce cabinet d’architecte a une forte expérience dans le secteur médico-social. Il a déjà piloté de nombreux travaux comme la construction de structures d’accueil ou encore celle de la maison de l’autisme à Aubervilliers.

Nous échangeons très régulièrement avec ASB et les partenaires à travers de nombreux points d’étapes (visites sur site, visio conférences).

Pour conclure pouvez-vous nous dire quelles vont être les prochaines étapes avant l’ouverture du lieu ?

Le début de l’année 2025 sera marqué par un temps plus administratif d’appels d’offres et d’attributions de marchés. Les travaux devraient ensuite débuter au plus tard au printemps 2025. Ils s’étaleront sur environ 10 mois.

L’ouverture de la Maison de l’autisme et des TND du Limousin est prévue pour le printemps 2026.

Nous souhaitons que ce projet innovant puisse trouver sa place sur le territoire en résonnance avec l’ensemble des structures déjà existantes.

Andréa PERRIER

Directrice du CRA Limousin
Référente du projet de la Maison de l’autisme et des TND

 

Notre projet est innovant. Il n’a pas d’équivalent.

L’objectif est la fluidité pour les usagers, les familles et le travail en complémentarité entre les partenaires dans un lieu unique. La Maison de l’autisme et de TND répond aux besoins des personnes concernées avant, pendant et après le diagnostic.

Les missions remplies par cette maison seront donc très transversales. Elles regrouperont les volets de l’information, du conseil, du diagnostic, de la prise en charge et de la formation.

Nous nous appuyons également sur les connaissances fines de nos partenaires et restons attentifs aux points de vigilance à avoir pour l’accueil du public.

Alcôve © ASB Architecte
Alcôve © ASB Architecte

Nous allons installer à chaque étage des alcôves équipées de rideaux pour que chaque personne, si elle en éprouve le besoin, puisse s’isoler. Le parcours se déploiera avec des courbes aux lignes fluides et aux tons neutres. Les espaces seront aménagés pour tenir compte des aspects sensoriels et des particularités cognitives des personnes accueillies : PVC, plafonds en mousse acoustique, gradateurs de lumière notamment dans les salles d’évaluation utilisées par le CRA.

A l’extérieur des lieux végétalisés sont prévus ainsi qu’un espace pour pique-niquer.


Docteur Éric LEMONNIER

Directeur Médical du CRA Limousin

L’idée première de ce futur établissement est de regrouper dans un même lieu différents acteurs des volets de l’accompagnement et du diagnostic.

L’évolution de la notion de l’autisme et son inscription dans les différentes classifications médicales l’ont conduite aujourd’hui à être reconnue comme un trouble spécifique au sein de l’ensemble des troubles neurodévelopementaux. Cette maison répond donc parfaitement aux évolutions et à l’état actuel des connaissances scientifiques. Elle trouve du sens en respectant la singularité de l’autisme.

Le bâtiment offre également de belles opportunités pour des aménagements possibles et une large ouverture à l’ensemble des acteurs mobilisés par les TND.
Je me félicite de la pleine conscience du CHU de Limoges de nous offrir de telles conditions d’accueil et de travail car celles actuellement du CRA sont plus limitées.

Mme TREUIL – LE GUILLOUX

Représentante de l’Association « Actions pour l’Autisme Asperger »

Cette maison est une excellente initiative. Elle va donner une meilleure visibilité de l’existant sur notre territoire aux familles et personnes concernées. Elle facilitera les échanges et l’entrée en contact pour tous.

Mme MAZABRAUD

Adhérente de l’Association « Actions pour l’Autisme Asperger »

La maison de l’autisme et des TND va renforcer la mutualisation des moyens sur le plan humain et faciliter l’accès à de nombreux services comme la documentation et l’information.

 

Mme LEBRETON

Educatrice & plateforme de ressources PRAETER de l’APAJH Creuse

Nous allons mutualiser notre bureau avec nos collègues de l’APAJH 87. A travers ce lieu nous voulons aussi développer notre partenariat et favoriser la montée en compétences de nos équipes.

 

 

Mme HARDY

Directrice Générale Adjointe des PEP 87

Les PEP seront principalement représentés par la Plateforme de Coordination de d’Orientation (PCO) 0-6 ans et par celle en cours d’ouverture dédiée aux 7-12 ans. La présence de nombreux acteurs en un même lieu va apporter plus de cohérence dans nos interventions respectives. Elle permettra de mieux faire les choses tous ensemble et non pas les uns à côté des autres.

Mme DUPUY

Coordinatrice de la PCO 0-6 PEP 87

Ce regroupement de professionnels présente le double avantage de faciliter les échanges entre intervenants et d’offrir aux familles un lieu commun d’information en lien avec les TND.

 

M. AZANZA Mme BISON 

Chef de service et conseillère emploi du dispositif PLIMOT 87 emploi accompagné

Naturellement notre dispositif d’emploi accompagné avait toute sa place dans ce projet. Nous accompagnons un important public avec trouble du spectre de l’autisme. Nous pourrons mieux faire connaître nos missions et bénéficier d’échanges directs avec nos partenaires.


Les partenaires de la Maison de l’Autisme et des TND

Le CRTLA (Centre Référent des Troubles du Langage et des Apprentissages) du Limousin sera également présent dans la future Maison de l’Autisme et des TND.
D’autres partenaires viendront tenir une permanence, notamment les PEP 19.


Appel à mécénat

Pour soutenir financièrement la création de la future Maison de l’autisme et des TND du Limousin, cliquez sur le lien suivant :

Cliquez ici

Vous souhaitez davantage d’informations sur la Maison de l’autisme et des TND.
Contactez le 06/25/60/35/05 (Andréa Perrier – Référente du projet)


Visite avec les partenaires de la maison de l’autisme et des TND le 12 novembre 2024


Premier anniversaire de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027

Evénements

Communiqué de presse

Le premier anniversaire de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (TND) : autisme, troubles dys, trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), trouble du développement intellectuel (TDI) est l’occasion de présenter les principales réalisations et avancées obtenues grâce à l’engagement et la mobilisation de tous.

Lancée officiellement le 14 novembre 2023, l’enveloppe totale de la stratégie nationale représente 680M€, le plan « 50 000 solutions » mobilise 1,5 milliards d’euros de ressources nouvelles jusqu’en 2030, dont près de 300 M€ au bénéfice direct des personnes autistes ou concernées par un TND, avec une attention particulière à l’émergence de nouvelles solutions d’accompagnement et de soins, plus modulaires et plus individualisées.

Lire la suite

 

Télécharger le dossier de presse

Télécharger le PDF accessible | Premier anniversaire de la Stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement

 

Pour aller plus loin et décryptage

Stratégie TND : quel bilan un an après son lancement?
Source : Handicap.fr

LOI n° 2024-1028 du 15 novembre 2024 visant à améliorer le repérage et l’accompagnement des personnes présentant des troubles du neuro-développement et à favoriser le répit des proches aidants (1)
Source : Legifrance

« L’âge du dépistage est primordial » – Interview Etienne POT (Délégué Interministériel)
Source : Zébres & Cie


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