Conférence Autisme et sexualité

Colloques et Conférences
Accompagner les personnes autistes et/ou ayant une déficience intellectuelle dans leur sexualité : un chemin hasardeux, mais combien précieux.

Quand ?
🗓️ Le 27 avril 2026 de 14:00 à 16:00
👉 A la Faculté des Lettres et Sciences humaines, 39 rue Camille Guérin à Limoges.
Description :
👩🏫 Mme Suzie MATTEAU est sexologue, détient un baccalauréat et une maîtrise en sexologie de l’Université du Québec à Montréal.
Depuis 2008, elle s’est spécialisée dans l’intervention sexologique auprès des personnes autistes et/ou ayant une déficience intellectuelle.
Elle a développé une expertise précieuse en régulation, auto-détermination, agression sexuelle et identité de genre.
Inscription :
🎫 Cette conférence est gratuite mais le nombre de places est limité.
Inscription obligatoire sur : https://my.weezevent.com/conference-autisme-et-sexualite
Contenu :
Offrir une éducation à la sexualité peut s’avérer un chemin hasardeux pour soi, mais combien précieux pour les personnes accompagnées.
Lors de cette conférence, des pièges mais surtout des repères seront présentés afin de mieux comprendre et respecter votre rôle en éducation à la sexualité auprès des personnes autistes et/ou ayant une déficience intellectuelle.
Leurs défis et leurs besoins en lien avec la sexualité seront aussi abordés.
Présentation des interventions de Stéphane Beaulne et Bertrand Monthubert à la conférence du 1er avril

Colloques et Conférences
Dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Autisme 2026, le CRA Limousin et les acteurs de l’autisme en territoire organisent une conférence le mercredi 1er avril à la Faculté de Droit de Limoges.
Cette conférence sera consacrée au sujet de l’autisme et des apprentissages : du secondaire à l’université. [Voir le programme complet de la conférence].
Parmi les intervenants, nous accueillerons Stéphane BEAULNE, chercheur clinicien et professeur de psychologie à l’université de Hearst (Ontario, Canada), qui présentera le concept de l’autorégulation à travers une intervention intitulée :
“Planifier l’autorégulation à rebours : des exigences universitaires aux apprentissages autorégulés au collège et au lycée.”
Bertrand MONTHUBERT, ancien président de l’université Toulouse III-Paul-Sabatier et professeur des universités, sera aussi présent pour nous parler du programme « Atypie-Friendly » en tant que coordinateur national, à travers une intervention sur ;
“Les enjeux de la transition vers l’enseignement supérieur des personnes autistes”.
En amont de cette conférence, tous deux ont accepté de nous accorder une interview pour présenter leurs travaux et évoquer une authentique forme d’inclusion des élèves autistes dans l’ensemble des établissements scolaires.

L’autorégulation est un concept universel qui n’a pas de frontière.
Une approche méthodique
Lors de ma venue à Limoges, j’aborderai les éléments clés de l’autorégulation.
Je partirai des besoins des étudiants autistes pour, à rebours, interroger les compétences à développer, notamment celles au collège et au lycée.
Cette méthodologie permet de s’interroger sur l’évolution réelle des élèves vers le monde universitaire et sur les limites éventuelles du modèle actuel.
A travers ma pratique et mes travaux, je montrerai ce qui est mis en place dans les universités : les obligations des enseignants, l’état de la recherche sur les besoins identifiés par les personnes autistes elles-mêmes…
Je m’attacherai ensuite à relier tous ces éléments avec ce qui peut être réalisé en amont dans l’enseignement secondaire.
L’acquisition de savoirs au service de l’autonomie
La littérature mondiale nous dit que les principaux besoins des étudiants autistes ne relèvent pas tant du “savoir”, c’est à dire des connaissances théoriques permettant d’intégrer les programmes, que du “savoir faire” et du “savoir être”.
Dans un contexte universitaire, le “savoir faire” exige d’un étudiant qu’il mobilise l’ensemble de ses compétences exécutives pour répondre aux nombreuses exigences : respect des échéanciers, gestion du temps, planification de travail… Autant d’éléments qui relèvent de l’apprentissage expérientiel.
Quand au “savoir être”, il implique l’adoption de postures favorisant le développement de ses capacités et sa réussite. Pour renforcer ses compétences, les étudiants doivent être orientés vers les bonnes personnes et les bonnes ressources afin de gagner en autonomie.
A travers l’autorégulation, la responsabilité des enseignants est d’apporter une aide dans la gestion de l’ensemble de ces savoirs.
Cet accompagnement doit s’intégrer aux plans de cours, partagés, évalués et validés par le rectorat. Nous proposons des modèles structurants, comme des volets expérientiels, et nous nous appuyons sur l’enseignement explicite.
L’Université exige une autonomie bien plus marquée qu’au collège et au lycée, où les adultes sont plus présents pour réguler les élèves. Il en résulte une rupture plus ou moins prononcée, selon les attentes et les moyens réellement mobilisables.
L’objectif ultime de l’autorégulation, telle que nous la mettons en œuvre, est de permettre à chaque individu d’atteindre l’autonomie.
Un outillage basé sur une analyse graduée
L’autorégulation est un concept qui s’appuie sur un continuum jalonné de différentes phases d’apprentissage, dans desquelles l’enfant évolue dès sa naissance avec sa famille. Les parents et les proches sont donc les premiers acteurs de l’autorégulation.
L’une des premières phases, l’autocontrôle, correspond à la capacité que chacun a à inhiber ses comportements. Cette ressource, limitée, est particulièrement coûteuses pour les personnes autistes. Elle soulève des questions cruciales d’adaptation, selon l’environnement ou la tâche demandée. Pour d’autres troubles, comme le TDAH, l’impulsivité peut dominer, surtout en cas d’anxiété ou de fatigue cognitive, poussant l’élève à s’engager dans une tâche sans écouter les consignes. Les besoins en matière d’autocontrôle diffèrent donc selon les profils.
Une autre phase clé, l’engagement cognitif, conditionne la réussite. Si ce n’est pas travaillé, cela engendre des problèmes comportementaux et des réactions inappropriées, comme des situations d’évitements.
Il est essentiel d’évaluer la capacité de l’enfant à s’autoévaluer sur le plan cognitif. L’autorégulation ne se limite pas à la gestion des émotions : leurs expressions reflètent simplement l’état de l’individu face à une situation.
Notre approche consiste à identifier les situations émotionnelles disproportionnées pour exposer graduellement l’enfant à ces situations en l’outillant et en lui fournissant des stratégies. L’objectif est de l’aider à les mobiliser plutôt que de recourir à des comportements d’évitement (fuite, automutilation…).
Vient ensuite la phase de l’autodiscipline, essentielle dans un milieu aussi structuré que l’école. Elle intègre les engagements émotionnels, cognitifs et comportementaux, qui doivent être travaillés simultanément. Sans cette approche globale, l’enfant risque de manquer d’outils fondamentaux. À ce stade, l’engagement émotionnel devient un marqueur de réussite : la volonté de se rendre à l’école, perçue positivement, favorise l’autonomie.
Chaque étape nécessite une évaluation rigoureuse.
Dans l’autorégulation, les personnes doivent être parfaitement formées à l’autisme et à l’enseignement explicite. Si ce n’est pas le cas, nous faisons fausse route et nous n’atteindrons pas notre but.
Le risque est de voir les enfants accomplir des tâches uniquement pour avoir une gratification immédiate (faire plaisir à l’adulte, éviter une punition). Si certains éléments de l’autorégulation ne sont pas abordés, les enfants ne vont alors plus rien produire.
Un concept universel
L’Ontario est la seule province du Canada à avoir intégré l’autorégulation comme une obligation dans les évaluations de tous les élèves, de la maternelle jusqu’au lycée.
Ce concept figure dans les bulletins scolaires et est inscrit dans les programmes du Ministère de l’Education.
Pour ma part, j’enseigne un cours sur ce sujet à l’Université, ouvert à tous les étudiants quel que soit leur programme. Cela permet de toucher aussi bien ceux qui n’ont pas de diagnostic, que ceux qui bénéficient d’aménagements spécifiques. Un continuum est ainsi assuré tout au long de la scolarité.
Ici, tous les acteurs éducatifs (élèves, enseignants, personnels administratifs) connaissent et appliquent ce concept. Notre modèle diffère de celui de la France, notamment par l’absence de séparation entre le scolaire et le médico-social. Il n’y a donc pas l’équivalent avec les DAR comme ceux présents dans votre pays.
Malgré ces différences, l’autorégulation n’a pas de frontière: elle est universelle.
Ce qui varie, c’est la manière dont elle se développe et s’enseigne. Le message que je souhaite passer lors de la conférence est simple : le concept reste le même, même si les cultures différent.
Les questions fondamentales restent les mêmes : travaille-t-on vraiment l’autorégulation, ou ne favorise-t-on pas la régulation intentionnée qui, finalement, rend l’enfant plus dépendant de l’adulte ?
Pour atteindre nos objectifs, nous accordons une attention particulière à la formation, à l’évaluation et à la recherche. Il est crucial que l’autorégulation soit correctement définie et bien utilisée sur la plan théorique et pratique.
Elle ne se réduit pas à de l’autocontrôle et ne privilégie pas une forme de savoir par rapport aux autres.
La qualité de la formation est déterminante. Elle doit faire l’objet d’une évaluation rigoureuse pour garantir l’homogénéité et la pertinence des contenus proposés.
L’exigence et le long chemin vers l’inclusion
Pour favoriser une inclusion réelle, nous accordons une attention particulière à toutes les transitions scolaires, dans ou en dehors des classes. En Ontario, chaque école dispose de conseillères en santé mentale.
L’enseignement explicite joue un rôle central et circulaire dans l’accompagnement de ces transitions.
Concrètement, un enseignant du primaire peut, par exemple, introduire des notions de mathématiques à la fin d’un cours de français. En atténuant la rupture entre les matières, il réduit les risques de désengagement de l’élève et favorise son élan comportemental.
Cette phase transitoire est appelée “activité-pont”.
A l’Université, l’ensemble des services se mobilisent également pour soutenir les étudiants dans les transitions. Je pense notamment à tous les aspects de la vie étudiante : ateliers pour la prise de notes, accompagnement personnalisé, tutorat… Sans ce soutien, les étudiants peuvent facilement se perdre dans le repérage des services sur le campus.
Ces dispositifs s’adressent à tous. Ils fluidifient les parcours et luttent contre la stigmatisation des étudiants autistes en améliorant leur façon d’être et en allégeant leur charge cognitive.
En matière d’insertion, le Canada ne dispose pas de données précises. On sait cependant que beaucoup d’autistes, faute d’autonomie suffisante, développent des troubles associés (anxiété sévère, dépression…). Si les compétences d’autorégulation ne sont pas maîtrisées, les comorbidités risquent de s’aggraver à l’âge adulte.
Imposer des quotas ou forcer l’inclusion sans préparation peut s’avérer dangereux et contre-productif. Des statistiques fiables ne pourront émerger que lorsque la société reconnaîtra pleinement ce que cette population peut réellement apporter.
Aujourd’hui, le concept d’inclusion reste souvent confondu, ou détourné, avec celui d’intégration pour vendre une idée. Pour l’autisme, la vraie inclusion signifie permettre à la personne de prendre ses propres décisions, de faire ses choix et de répondre à des attentes élevées. Il ne faut pas hésiter à hausser le niveau d’exigence vis-à-vis de cette population pour lutter contre la stigmatisation. Baisser les attentes ou imposer un encadrement étouffant, c’est renoncer à l’inclusion authentique que nous recherchons.

Avec le programme “Atypie-Frendly”, notre but est d’agir, au sens large, sur l’environnement des étudiants.
Je ferai une présentation autour de la transition, pour les élèves, entre l’enseignement secondaire et les études supérieures. J’évoquerai notamment les questions d’orientation en m’appuyant sur quelques parcours étudiants : quelles ont été les problématiques rencontrées ? Quelles sont les réussites? Et qu’est ce qui a favorisé ces réussites?
Je présenterai ainsi le programme “Atypie Frendly” et des initiatives en cours, comme par exemple, l’intégration de l’autorégulation dans l’enseignement supérieur.
A travers ce programme, une multitude de ressources sont directement accessibles en ligne.
Il propose également des événements et des webinaires pour accompagner au mieux les étudiants tout au long de leur parcours.
Le site “Atypie-Frendly” s’adresse à un très large public : personnes concernées, aidants, professionnels…
Différentes équipes travaillent autour de thématiques en lien avec l’ensemble de la vie étudiante : accompagnement social, stages à l’étranger, recherche, transition vers l’Université, insertion professionnelle, vie quotidienne…
Notre approche est très partenariale : elle mobilise un maximum d’acteurs dans le champ de l’autisme, comme les Centres Ressources Autisme ou d’autres structures médico-sociales, ainsi que des acteurs comme ceux , par exemple, de l’orientation.
Nous lançons aussi des appels à projets pour favoriser la mise en place d’actions innovantes dans les universités partenaires.
Ces projets ont déjà permis la création d’espaces sensoriels ou de programmes liés à l’alimentation des étudiants autistes.
Les personnels du CROUS ont été sensibilisés et des cartes “coupe-file” ont été éditées pour faciliter l’accès des personnes concernées aux restaurants universitaires
Actuellement, 37 Universités sont signataires de la charte pour mettre en application le programme “Atypie-Frendly”. Chacune avance à son rythme, selon ses spécificités. Parmi elles, Toulouse et Montpellier sont déjà labélisées. Concernant Limoges, nous avons pu échanger avec les responsables de l’Université et attendons leur décision pour la signature de la charte d’engagement.
Notre réflexion ne doit pas se limiter au cas individuel : elle doit mobiliser, de manière plus globale, les enseignements mais aussi l”ensemble des services de l’Université, les partenaires… Notre but est donc d’agir, au sens large, sur l’environnement des étudiants.
Programme des événements en lien avec la journée mondiale de l'autisme
Retrouvez les événements, en lien avec la Journée Mondiale de l’Autisme 2026, organisés sur notre territoire par le CRA Limousin et ses partenaires.
Les appels à projets
Proposés à destination de l’ensemble des collégiens, lycéens et étudiants du territoire Limousin en partenariat avec l’Académie de Limoges.
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Les forums et tables rondes
En Haute-Vienne le samedi 28 mars
En Creuse le mardi 31 mars
en Corrèze le jeudi 2 avril
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La participation aux “Foulées du Populaire”
Rejoignez l’équipe les TS’ATHLETES, le dimanche 29 mars !
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Conférences
Le Mercredi 1er avril 2026 de 13h30 à 17h00 à la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Limoges.
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Soirée Caritative
Le jeudi 2 avril Salle du ROK, 16 avenue du président Vincent Auriol, 87350 Panazol. A partir de 19h00.
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Actions complémentaires
Recensement non-exhaustif des événements proposés sur notre territoire.
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Interview de Julie Dachez
Colloques et Conférences
© 2025 CRA LIMOUSIN. | Tous droits réservés.
© photo Chloé Vollmer-Lo & Julie Dachez | Tous droits réservés.

Le programme pour la journée mondiale de l’autisme sera marqué cette année par l’intervention de Julie Dachez lors du colloque du 2 avril à la Faculté de Lettres et Sciences Humaines de Limoges, Amphithéâtre Vareille.
Pour participer à cet événement gratuit, il est indispensable de s’inscrire :
https://my.weezevent.com/conference-journee-mondiale-de-lautisme
Julie Dachez, Docteure en psychologie sociale, conférencière et militante française pour les droits des personnes TSA, s’adressera aux personnes autistes (ados, jeunes adultes, adultes) et à leur entourage. L’intitulé de son intervention “Apprendre à se Comprendre” explore des thématiques essentielles à l’épanouissement et à l’inclusion de tous.
Pour mieux cerner son sujet, le CRA Limousin a recueilli sa parole. Nous la remercions très chaleureusement pour sa disponibilité et pour le temps qu’elle a bien voulu nous accorder.
Bonjour Julie, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a motivé à conduire vos travaux et vos recherches ?
Après avoir travaillé un peu dans le domaine privé, sans que cela soit très épanouissant, j’ai fait une reprise d’études en psychologie. Parallèlement à cette reprise, le diagnostic d’autisme m’est tombé dessus (sic). J’avais 27 ans.
Recevoir ce diagnostic tardif a été comme un tremblement de terre dans ma vie. J’ai compris que mon comportement était en fait complètement normal, vu que j’étais autiste. Je n’étais pas une non autiste défaillante, j’étais juste différente.
Cette reprise d’études et ce diagnostic m’ont donné envie de faire une thèse. Je me suis intéressée au volet de la recherche en lien avec l’autisme.
Mon idée alors n’était pas d’étudier le TSA d’un point de vue clinique, c’est à dire d’en étudier les symptômes ou les méthodes d’accompagnement. Je me suis plus concentrée sur le point de vue de la psychologie sociale.
Je trouvais cela plus intéressant, car à l’époque ce qui me posait le plus de problèmes dans ma vie ce n’était pas tant le fait d’être autiste, mais plus d’être confrontée à l’incompréhension des personnes, de sentir de nombreux préjugés y compris après mon diagnostic.
Devant le peu de recherche qu’il y avait en psychologie sociale, je me suis dit qu’il y avait tout à faire et que le sujet méritait d’être creusé, contrairement à ce que l’on me disait. De voir l’autisme à travers un prisme social, c’était relativement nouveau lorsque j’ai débuté mon travail de thèse en 2013.
Il s’agit finalement d’une période assez courte, qui questionne le peu de travaux réalisés sur l’autisme à travers des disciplines plus sociales ?
Oui, mais pourquoi ? Parce que depuis le début, les recherches ont été menées par des personnes qui n’étaient pas autistes. Ces chercheurs ont donc eu leurs propres biais, et ont envisagé l’autisme en privilégiant une approche psychiatrique et une vision déficitaire. Ce que l’on sait donc aujourd’hui au sujet de l’autisme (ou ce que l’on pense savoir) s’est construit via ce prisme, qui n’est pas anodin, et que malheureusement peu de personnes ont questionné. Plus récemment, des chercheurs.euses autistes proposent une autre façon d’étudier l’autisme. Leurs travaux sont extrêmement précieux mais malheureusement peu connus.
Lorsque j’ai débuté mes travaux, il y a environ 10 ans, je ne me suis pas cachée d’être une femme autiste, ce qui n’a pas été sans conséquences. Certains membres de mon jury de thèse par exemple ont remis en question mon manque d’objectivité, puisque j’étais une personne concernée. Mais tout le monde a des biais. Ce que je veux dire, c’est que personne ne peut avoir de position complétement neutre. Tous les chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales font partie de la société qu’ils étudient, et sont donc inévitablement influencés par les biais et les enjeux de pouvoir qui la traversent. Il est nécessaire d’en avoir conscience afin de viser une objectivation des recherches. Et cela ne s’applique pas uniquement aux chercheurs et chercheuses autistes, mais à tous et toutes.
Mais c’est quelque chose qui demeure compliqué à faire entendre.
J’ai ensuite travaillé à l’INSEI : Institut national supérieur formation et recherche – handicap et enseignements adaptés (ex INSHEA) en tant qu’enseignante-chercheuse.
Actuellement, je suis en disponibilité pour me consacrer aux conférences, à des travaux d’écriture et de vulgarisation scientifique.
C’est donc dans ce cadre que nous aurons le plaisir de vous accueillir le 2 avril. Pouvez-vous nous expliquer ce choix actuel de privilégier ce type de travaux et d’interventions auprès d’un public plus large ?
Même si j’ai bénéficié de certains aménagements au sein de l’INSEI, j’ai trouvé très dur de faire un travail de qualité, notamment au niveau de la recherche.
En tant qu’enseignante chercheuse, je devais mener de très nombreuses démarches en lien avec ces deux activités. L’ensemble était titanesque.
J’ai donc fini complétement burnoutée. Ce qui m’a amené à faire un pas de côté.
Mon choix s’explique aussi par le fait que je pense être plus douée dans la communication scientifique, que dans la production de la recherche. Je crois que c’est ce qui me plait le plus. Cette idée de transmettre a plus de sens pour moi.
En quoi votre approche basée en partie sur les mécanismes sociaux éclaire-t-elle la question de l’autisme ?
Après ma thèse, je me suis ouverte à une approche interdisciplinaire, qui permet d’étudier un sujet en mobilisant plusieurs disciplines. Cela permet d’éviter une réduction du sujet à une seule grille de lecture. Par exemple, la psychologie clinique peut parfois se focaliser sur le “dysfonctionnement” et la pathologie, tandis que la sociologie met l’accent sur les structures sociales et les rapports de pouvoir. En combinant plusieurs approches, on obtient une analyse plus équilibrée.
Ces recherches viennent aussi déconstruire cette vision déficitaire de l’autisme.
Les travaux des chercheurs.euses autistes permettent de prendre conscience de l’impact que le validisme a eu sur la production de savoir sur l’autisme, et offrent un pas de côté. Leur porte d’entrée à eux n’est pas celle du déficit. Ils adoptent un point de vue plus macro pour aller interroger la façon dont la société, les injustices et discriminations impactent les personnes autistes (leur santé mentale, entre autres) et la façon dont elles sont perçues.
Je trouve que ce point de vue est extrêmement intéressant et que finalement il n’est pas beaucoup relayé et entendu.
Vous avez à cœur de redonner la parole aux personnes TSA. Quels sont vos attendus à travers cette démarche ?
Pour ma dernière recherche, notre équipe composée de différents chercheurs (en sociologie, sciences de l’éducation…) a interviewé des personnes autistes pour analyser leurs expériences dans l’emploi accompagné en France. Nous avons mis en place une méthodologie dite participative. C’est à dire que nous avons fait participer des personnes concernées d’A à Z, de l’élaboration du projet de recherche, jusqu’à la publication de l’article scientifique. Par exemple, la grille d’entretien qui a été réalisée a été construite avec des personnes autistes, et certains entretiens tout comme la recherche documentaire ont été réalisés par une assistante de recherche autiste, Sylvie Seksek, que j’ai fait monter en compétence sur certains aspects du projet.
C’est très important pour moi de travailler avec des personnes autistes et de les rémunérer pour leurs savoirs. Cette reconnaissance de leurs expertises devrait être la base. Rien ne devrait se faire sur nous sans nous.
Les recherches sont d’autant plus riches lorsqu’elles font réellement collaborer les personnes autistes. Malheureusement, c’est extrêmement rare. La plupart des recherches dites participatives demandent juste à une personne autiste son avis à un moment donné. C’est tout. Ce n’est pas ça la méthodologie participative.
Même si cette méthodologie est difficile à mettre en œuvre j’y suis extrêmement attachée. J’y accorde plus d’importance que la discipline elle-même pour mener mes recherches.
Je pense que c’est probablement mon dernier article scientifique car je ne compte pas mener de nouvelle recherche de si tôt, et je suis contente de finir là-dessus.
Cette volonté d’associer les personnes autistes dans vos travaux, d’être au plus près de leurs vécus et de restituer leurs paroles, c’est une conviction qui semble profondément ancrée chez vous ?
Oui c’est clair et puis je crois que c’est presque un acte militant.
Dans mon livre “Dans ta bulle “, j’avais repris une citation de Pierre Bourdieu qui disait, je crois, :
“Les dominés ne parlent, pas ils sont parlés“.
Même si les choses évoluent ce sont très souvent des psychiatres ou des chercheurs qui viennent parler de ce qu’est l’autisme.
Pourtant, ce sont les gens qui le vivent au quotidien qui connaissent le mieux le sujet. Je trouve absurde de produire de la recherche sur des personnes autistes sans réellement les impliquer, de les réduire à des objets de recherche alors qu’elles devraient être sujets et co-créatrices des projets.
Le second point dans mes démarches concerne la recherche dite qualitative. Ce qui me plaît avec cette méthode, c’est que l’on va aller interroger les personnes et construire du savoir à partir de leurs propos. La difficulté, c’est qu’en psychologie aujourd’hui, on valorise énormément les recherches quantitatives (statistiques…).
Je crois que la psychologie a un complexe d’infériorité par rapport aux sciences dites dures, et que le quantitatif est très valorisé car témoigne (soi-disant) du sérieux des recherches. Cela se fait parfois au détriment du qualitatif, qui est moins considéré. C’est dommage, car cette approche permet d’obtenir des données riches et nuancées fondées sur l’expérience des principaux intéressés.
C’est aussi ce que je me suis attachée à mettre en avant dans mon dernier ouvrage “L’autisme autrement“ dans lequel je cite de nombreuses recherches qualitatives.
Les paroles des personnes autistes sont au cœur du bouquin.
Pourtant cette méthode peut être limitée face à l’hétérogénéité des profils dans le TSA comme par exemple avec les personnes non oralisantes ?
Mes recherches sont en effet spécialisées dans l’autisme sans trouble du développement intellectuel et concernent des publics oralisants. Dans le cadre de ma dernière recherche, on avait eu l’intention initialement d’interviewer des personnes autistes avec un trouble du développement intellectuel et / ou non oralisantes, et on avait commencé à réfléchir à la façon d’adapter nos outils, mais il s’est avéré que les personnes autistes qui bénéficiaient de l’emploi accompagné n’avaient pas du tout ce profil-là (ce qui laisse d’ailleurs sous-entendre un filtrage par la MDPH qui n’orienterait que les autistes oralisants et sans déficience intellectuelle vers l’emploi accompagné).
Néanmoins les recherches avec un axe anti-validiste parlent pour tous, y compris pour les non oralisants. Elles se rejoignent autour de sujets et de besoins communs : plus d’autonomie et d’inclusion, mieux lutter contre les préjugés et les discriminations, une meilleure adaptation des environnements, l’importance de la neurodiversité, une meilleure acceptation d’un fonctionnement qui s’écarte de la norme…
Je rejoins le modèle social du handicap selon lequel le handicap est situationnel, contextuel. Et ça, ça vaut pour tous et toutes.
Cette notion d’environnement et d’autres comme la santé mentale ou le camouflage seront développées lors de votre intervention le 2 avril. Quels liens faites-vous entre elles ?
Le camouflage, le fait de masquer, est souvent corrélé avec une santé mentale dégradée. Il faut donc s’interroger sur le pourquoi de ce camouflage. Selon certains chercheurs.euses, les personnes autistes camouflent en réponse au stigma social, pour se préserver de la violence qui pourrait s’abattre sur elles si elles stimmaient en public, par exemple. Or, le prix à payer est lourd pour les personnes autistes, puisque comme nous l’avons dit à l’instant, le camouflage est associé à une santé mentale dégradée.
Il y a par ailleurs des travaux très intéressants sur le lien entre stress de minorité et santé mentale des personnes autistes, que l’on doit à Monique Botha. Quand on appartient à une minorité, on subit des facteurs de stress spécifiques à cette minorité (insultes, violences physiques, etc.) qui peuvent contribuer à expliquer les disparités entre la santé mentale et physique de ces personnes, et les autres.
Mettre en place des environnements inclusifs et respectueux du mode de fonctionnement des personnes est indispensable pour qu’elles puissent avoir certains espaces qui leur permettent de ne pas camoufler, ou moins que d’habitude. Qui plus est, les aménagements permettent d’étudier et de travailler dans de bonnes conditions, c’est un facteur de protection vis-à-vis du burn-out autistique notamment.
Merci Julie pour vos réponses et nous vous donnons rendez-vous le 2 avril.
L’ensemble de ces réflexions seront traitées et approfondies lors de la venue de Julie Dachez.
Retrouvez le programme complet du colloque sur : https://www.cralimousin.com/journee-mondiale-de-lautisme-2025/#conference
Accédez également au dossier documentaire réalisé par le CRA Limousin qui recense une partie de ces publications.
Certaines ressources sont consultables directement sur le web. D’autres peuvent être empruntées gratuitement auprès du CRA Limousin.
Interview et dossier réalisés par Nicolas Roumiguières.
Documentaliste du CRA Limousin.
Colloque « Sensorialité : un défi au sein des TND » – 15 novembre 2024 (Sainte-Feyre - 23)

Colloques et Conférences
L’APAJH de la Creuse organise le 15 novembre 2024 un colloque sur le thème de la sensorialité dans les Troubles Neurodéveloppementaux (TND). Cet événement, qui se tiendra au Centre médical MGEN Alfred Leune à Sainte-Feyre, s’adresse aux professionnels, familles, accompagnants et à tout personne concernée par les TND et les TSA (troubles du spectre de l’autisme).
Ce colloque, ponctué par les interventions de Claire Degenne, Docteure en Psychologie et Directrice Autisme, TND et Polyhandicap à l’APAJH de la Gironde, abordera les particularités sensorielles des personnes avec TSA/TND. Cet évènement vous permettra de mieux comprendre les particularités sensorielles, d’échanger sur les bonnes pratiques et de découvrir des outils concrets pour améliorer l’accompagnement au quotidien.
Nous vous attendons nombreux pour cette journée d’échanges et de découvertes autour de la sensorialité !
Inscription obligatoire : Pour cela, contactez-nous au 05 55 52 49 88 ou par mail : s.lebreton@apajh23.com.
Date limite d’inscription : 07 novembre 2024
Repas sur place : 15€, réservation nécessaire lors de l’inscription.
Externes : paiement par chèque lors de l’inscription.
Toutes les infos sont sur : https://www.apajhcreuse.fr/actualites-et-evenements/
Conférence d'Isabelle HENAULT : l’autisme au féminin [ANNULÉE]
Le Centre Ressources Autisme du Limousin et ses partenaires associatifs Actions pour l'Autisme Asperger Limoges et Autisme 87 vous proposent une conférence événement.

Intervenante :
Isabelle HENAULT
Dre. Isabelle Hénault est sexologue et psychologue et directrice de la Clinique Autisme et Asperger de Montréal au Canada.
Sujet :
L'autisme au féminin
L’objectif de la formation est de mieux comprendre les caractéristiques distinctes liées au profil féminin, le profil des habiletés et des comportements observés chez les filles et les femmes, et enfin d’explorer les diverses ressources actuelles (livres, articles, sites Internet...).
Programme :
- Le profil féminin et le dépistage,
- Caractéristiques (habiletés sociales, gestion des émotions,
théorie de la pensée...),
- Stratégies,
- Historique des autres diagnostics,
- Ressources.
Date et Lieu :
Le 04 Novembre 2024 de 9h à 16h30
Auditorium du Crédit Agricole Centre Ouest
20 rue Pierre Boulez
87000 Limoges
Inscription :
Formation ouverte à tous.
Tarif unique : 25€
Toutes les informations pour vous inscrire sont disponibles sur : https://www.actionsautismeasperger.org/_files/ugd/b9a4e6_3012f63c433948c7beffa471aead24da.pdf
Webinaire iMIND #14 - Les comportements-défis : entre compétences professionnelles et familiales
iMIND Lyon
Ce webinaire vous propose de discuter de stratégies pratiques permettant aux familles d’être pleinement impliquées dans la prévention et la gestion des comportements défis de leur proche, mais aussi des moyens de favoriser une approche intégrée et collaborative, où les professionnels de l’accompagnement au quotidien et en santé soutiennent de manière constructive les compétences des familles, mais aussi leurs désarrois et interrogations, afin de co-porter les processus décisionnels et les interventions.
Nous explorerons comment cette mutualisation des compétences peut enrichir les expertises professionnelles et familiales pour améliorer la qualité de vie des personnes concernées, et de leur entourage familial et professionnel.
Rejoignez-nous pour ce webinaire qui promet d’être passionnant afin de construire des réponses plus participatives et efficaces pour soutenir les personnes concernées.
Intervenantes :
• Sophie Biette, parent, administratrice Unapei et présidente de l’Adapei Loire-Atlantique
• Caroline Demily, psychiatre, cheffe du pôle HU-ADIS de l’hôpital du Vinatier et coordinatrice du Centre d’Excellence autisme et TND iMIND
Grilles d’évaluation dont la Pre Demily parle dans son intervention :
GEDDI : https://www.cra-rhone-alpes.org/IMG/p...
FAST : https://aba-sd.info/documents/fast_ou...
TSA 2024 : où en sommes-nous ?
TSA 2024 : où en sommes-nous ?
2ème colloque international organisé par le GNCRA et le CRA Normandie Seine Eure, les 13 et 14 juin 2024 à Rouen.
Le Comité d’Organisation du Colloque propose :
Pour célébrer les 20 ans du Centre Ressources Autisme Normandie Seine Eure (CRANSE), c’est avec un immense plaisir, que nous vous convions au 2ème congrès National du Groupement National des Centres Ressources Autisme (GNCRA).
Nous nous retrouverons dans la salle du KINDARENA de Rouen les jeudi 13 et vendredi 14 juin 2024.
Nous souhaitons rassembler toutes personnes intéressées par le sujet de l'autisme et plus largement des troubles du neurodéveloppement autour de la thématique suivante : « TSA 2024 où en sommes-nous ? ». Ce colloque est organisé en partenariat avec le GNCRA, la Maison de l’autisme et le soutien de nombreuses institutions.
L’idée directrice de notre colloque est de proposer deux demi-journées de conférences en séance plénière avec des intervenants reconnus pour leur expertise dans leur champ d’intervention ainsi que deux autres demi-journées où sont déployés 42 ateliers répartis en quatre salles ouvertes simultanément et répondant aux thématique suivantes :
- Aux Frontières du diagnostic médical
- TSA/TND : Identifier les besoins, déployer les actions
- Proche aidants, aidants-pairs
- Inclusion et accessibilité
Près de 60 conférenciers interviendront dans notre colloque. Nous avons à cœur de vous proposer des intervenants de qualité en sollicitant l'expertise des professionnels issus de différents horizons : la Normandie et d'autres régions françaises sont en effet représentées dans chaque thématique abordée. Pour plusieurs d'entres elles, nous avons la chance d'y associer la technicité de professionnels exerçant au-delà de nos frontières.
Programme et autres informations sont disponibles sur le site de l'événement.
"Ce que l’on sait de l’autisme aujourd’hui" : un cycle de 3 conférences par Catherine Barthélémy
Cycle de conférences (2023)
Le Pr.Catherine BARTHELEMY, Professeure honoraire, directrice du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Autisme et Troubles du neurodéveloppement et vice-présidente de l’Académie de médecine fait un point sur l’état de la science en matière de troubles du spectre de l’autisme, sur l’existant ainsi que sur les perspectives d’avenir.
Le Groupement d’Intérêt Scientifique Autisme et Troubles du Neuro-Développement (GIS Autisme et TND) s’inscrit dans la volonté de placer la science au cœur des pratiques, par le renforcement et la structuration de la recherche. Le GIS Autisme et TND constitue un réseau de recherche, tous champs disciplinaires confondus, fédérant plus de 100 équipes labellisées sur l’ensemble du territoire national. Ce réseau qui intègre les acteurs de terrain, les personnes concernées et les familles, est largement connecté au niveau international
Les conférences ont eu lieu les 21, 28 juin et 5 juillet 2023 de 14h à 15h. à la maison de l'autisme d'Aubervilliers.
Les vidéos de son intervention sont disponibles sur la chaîne YouTube du GNCRA : https://www.youtube.com/@gncra7569
Vidéo du Colloque de la Journée mondiale de l'Autisme 2023 "Tous Sportifs pour l’Autisme”
Vidéo du Colloque de la Journée mondiale de l'Autisme 2023
"Tous Sportifs pour l’Autisme”
Le CRA Limousin et l’ensemble de ses partenaires vous proposent un programme consacré à la thématique du “Sport et de l’Autisme” dans le cadre de la journée mondiale de l’autisme 2023.
Programme du colloque du 1er avril 2023 :
00:05 Introduction de la journée par Mme Perrier, Directrice du CRA Limousin, M. Rousseau, Directeur Général Adjoint du CHU de Limoges et M. Lehman, Membre de la Commission Nationale Sport et Autisme.
13:47 “Sport Adapté : à chacun son défi ! “ par Mme CHAPEYRON, chargée de développement Comité Départemental Olympique et sportif 87, Comité Départemental Sport Adapté 87.
28:38 "L’autisme et le sport : pour inclure … oui mais comment ?" par M. ALIN, Professeur des universités émérite en Sciences de l’éducation à l’INSPE et membre du laboratoire sur les Vulnérabilités et l’Innovation dans le Sport (L’Vis), Lyon1.
2:05:50 "Intérêts de l’activité physique chez les personnes atteintes de trouble du spectre autistique" par Mme FRADET, Maître de Conférences Axe “Robotique, Biomécanique Sport Santé” Institut PPRIME, UPR3346 CNRS Université de Poitiers ENSMA.
2:34:19 "Présentation des ateliers de groupes éducatifs et sportifs d’Intégr’à dom au sein du CA Brive". Par l'Equipe d’Intégr’à dom.
2:47:34 "L’autisme et l’intégration dans le sport" par M. WEIS.









